mercredi 12 octobre 2011

Albert au firmament…

Albert Weinberg et Raoul Cauvin, mes amitiés de 26 ans

Pour certains la BD est "une chouette bandes de copains", pour d'autres, c'est une grande famille. Pour ma part, c'est une échelle: d'abord les connaissances puis les copains, les amis et enfin tout en haut, la famille, la vraie.
Ce n'est un secret pour personne, j'éprouve pour Raoul Cauvin une vraie filiation. Il est mon papa de BD et me l'a prouvé tant de fois. Albert Weinberg en revanche est mon grand père, celui que j'aurais rêvé d'avoir dans la vie.

En 26 années, il fut à la fois l'ami et le Papy; celui que l'on respecte pour le talent, la légitimité, la simplicité, la générosité en dédicace et le regard toujours affectueux qu'il vous porte, tant pour votre travail que pour les rapports d'affection que nous partagions.
Ce sacré dessinateur portait le carton à dessin, le crayon bleu et la breitling comme personne !

Oui, déjà plus d'un quart de siècle de connivences, 26 merveilleuses années de retrouvailles heureuses en festivals, de Monaco à Laval en passant par Bellegarde ou Genève. Toujours à rire, à dire des bêtises, à nous moquer du monde, des intellectuels du "9ème art" aux pseudo-génies de la technique narrative, 26 années à monter des blagues, à fêter son invraisemblable longévité et ses anniversaires à répétition, à négocier pour lui ses changements de menus quel qu'en soit le restaurant, à tenter de le décoller de sa chaise pour qu'il cesse un peu de dédicacer, à lui piquer ses bouquins du soir, ses dédicaces à faire pour demain, bref, un festival avec Albert, c'était la joie assurée.
Nos 39 années de différence ne faisaient pas le poids devant ses 20 ans de potache.
Car durant nos soirées de libations, Albert Weinberg acceptait d'être Klaus Nomi, un Mogwaï puis de nous montrer ses aptitudes au lancer de pied et à la tenue de la tasse à café . Un grand père de rêve, vous dis-je…

Comme Dan Cooper, Albert a rejoint l'azur qu'il aimait tant dessiner. Affection pour ceux qu'il laisse malheureusement.
Ce qui me réjouis cependant dans ma tristesse, c'est qu'il va en faire rigoler plus d'un là-haut avec ses avions en papier !
Bon vol Papy…


11 commentaires:

swims a dit…

Ben mince alors, je parlais de lui à un collègue cet après-midi, à peu près en ces termes "... tu sais le Papy qui vient tous les ans dédicacer ..."

Et même si on le sait, même si on y pense d'autant plus que le temps à dessiné ses traces sur leurs visages, on voudrait bien ne pas les perdre ces Papys-là.

:(

Rodrigue a dit…

Merci pour ton texte qui résume bien ce qu'on ressent dans la famille. Bon vol à notre Albert et une pensée tendre à Agnès.

Achde a dit…

Swims: je suis touché que vous ayez ressenti ce sentiment que dégagé Albert dont le talent n'avait d'égal que la générosité en dédicace. Saviez-vous qu'il emportait le soir dans sa chambre d'hotel les albums qu'il avait promis le lendemain à ses nombreux fans ?
Michou: Nous étions de sa famille, il nous avait accepté comme ses amis et ses gamins, y a pas à dire, on va se sentir bien seul en fin de dédicace sans lui. Merci d'être passé…

swims a dit…

Non je l'ignorais mais j'avoue que ça ne m'étonne qu'à moitié car il faut être un vrai passionné, amoureux de son art pour le vivre jusqu'au dernier souffle.

La Passion c'est ce qui fait honneur à ce beau métier.

Je me joins à vous pour souhaiter bon vol à Monsieur Weinberg.

Thierry a dit…

L'homme avait bien du talent. Lorsque j'étais gamin, son nom m'évoquait un être lointain, son style celui d'un auteur œuvrant dans une sorte de tour d'ivoire. Votre hommage est d'autant plus beau qu'en quelques phrases vous l'avez décrit profondément humain et proche de ses lecteurs.
La photo de ce billet est excellente (quel trio de têtes !)
Merci.

franck a dit…

Très bel hommage ! J'avoue que j'avais un peu oublié Dan Cooper et quelques souvenirs de lecture d'enfant remontent à la surface.
Sacrée photo d'une bande dont on devine qu'elle ne devait pas se faire prier pour faire les 400 coups !
Amicalement.

Gyal a dit…

Je n'ai pas eu la chance de connaître Albert mais mes pensées vont à ses proches, ses amis, encore un grand auteur de "l'âge d'or de la BD" qui s'en est allé.

Je connais mieux Raoul Cauvin que j'admire aussi beaucoup, à la fois en tant qu'auteur et en tant qu'homme et à chacun de nos échanges je me sens à la fois entre amis et en famille, c'est quelque chose de difficile à décrire mais tellement agréable à éprouver.

J'imagine qu'avec Albert Weinberg ce devait être quelque chose du même genre et on aimerait que ces moments ne s'arrêtent jamais.

Achde a dit…

swims: merci à vous
Thierry: un photo dont je me rappelle encore les rires, c'est vous dire.
Franck: et les plus blagueurs dans ce trio n'est pas forcément le plus jeune !
Gyal: le plus dur dans la vie c'est de croire que tout est éternel. D'un autre côté, c'est rassurant, cela veut dire que l'on garde son âme d'enfant, n'est-ce pas ?

Gyal a dit…

Et l'éternité si elle existe nous réserve peut-être de belles surprises, comme pouvoir rencontrer ses idoles et ne plus avoir de contraintes temporelles?

c'est ce que je souhaite à tout le monde, de garder son âme d'enfant :) belle philosophie de vie :)

Ma Semaine En Image a dit…

Bonjour m'sieur Achdé, je me suis permis un petit clin d'oeil à votre (notre?) personnage préféré.
http://masemaineenimage.over-blog.com

A+

Pal Degome a dit…

superbe hommage Achdé, c'est vrai qu'il va nous manquer, il a été mon premier parrain dans la famille BD.
RIP Albert ton sourire et ton rire rayonne dans mon coeur pour toujours.